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Petite question préalable : Maigrir un peu, beaucoup ou pas du tout
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— Il n'est pas sans intérêt de se demander si maigrir est un jeu qui en vaut la chandelle. Il y a beaucoup de candidats, mais peu d'élus.
— On se demandera ce qu'on attend de l'amaigrissement, ce qu'il changera dans notre existence, si on ne pourrait pas se contenter de perdre seulement une partie de son surpoids, voire ne rien perdre du tout.
— Sauf dans le cas d'un problème de santé majeur, MAIGRIR N’EST PAS OBLIGATOIRE : C’EST UN CHOIX.
— On peut aussi choisir d’assumer son surpoids et profiter de la vie pendant qu’il en est temps. Si on fait ce choix, tous les problèmes ne seront cependant pas résolus : il faudra faire face à une société intolérante, apprendre à faire en sorte qu’elle n'empêche pas d’être heureux et de vivre pleinement son existence. Il faudra veiller aussi à sa santé, faire une minimum d'exercice physique, manger aussi sainement que possible, se soigner si on a de l’hypertension artérielle et des problèmes cardio-vasculaires, du diabète, des problèmes articulaires ou d’autres problèmes. Le fait de choisir de rester gros n’annulera pas par magie ses difficultés psychologiques: pourquoi ne pas se faire aider dans ce domaine aussi, si nécessaire ?
— Quoi qu’il en soit, on n'a qu'une seule vie et pas de temps à perdre : mieux vaut vivre tout de suite, ne pas attendre une minceur idéale et trop souvent mythique.
— Qu'on décide de maigrir ou de s'assumer tel qu'on est, il est toujours bon de comprendre les tenants et les aboutissants de ce à quoi nous sommes confrontés :
On mange trop pour ses besoins parce qu'on ne tient pas compte des signaux que nous adresse notre corps.
— L'incapacité à percevoir ou prendre en compte les sensations alimentaires qui renseignent sur ses besoins physiologiques est un facteur d'obésité dont il faut tenir compte. On ne sait pas reconnaître la sensation de rassasiement, ou bien on la néglige parce qu'on ne mange pas par faim, mais pour des motifs d'ordre psychologique.
— Cet élément est particulièrement important dans la mesure où la pratique des régimes aggrave ces troubles de la perception des signaux alimentaires. Ainsi, les régimes à répétition, au lieu d'améliorer la situation, aggravent la maladie-obésité.
Pour parvenir à maigrir durablement, il faut :
— Se réconcilier avec les aliments, cesser de leur faire la guerre, réapprendre à manger de tout un peu.
— Apprendre à faire face à ses difficultés de vie autrement qu'en mangeant.
Quelques situations classiques qui peuvent conduire à manger en excès
| Je ressens une faim intolérable, une impression de malaise. Si je ne mange pas, je vais perdre connaissance. | |
| Je sais que des aliments que j’aime sont à portée de main. | |
| J’ai du travail à faire et j’ai besoin de manger pour parvenir à me concentrer et à travailler. | |
| J’ai eu une " contrariété " et je mange pour l’annuler. | |
| Les émotions fortes, le bonheur comme le malheur, me font manger. | |
| Je mange pour lutter contre mon anxiété ou une sensation de malaise général. | |
| Je mange dans les moments d’ennui, de vide. | |
| Je mange quand je ressens un sentiment d’insatisfaction de ce que je suis, de ma vie en général. | |
| Je mange pour me punir. | |
| Je mange pour faire plaisir, ne pas peiner quelqu’un qui m’offre de la nourriture, pour participer à l’ambiance générale. | |
| Je mange par révolte, lorsque je subis trop de contraintes. | |
| Je mange pour m’opposer à quelqu’un (mon conjoint, mon parent, mon médecin) qui voudrait me faire maigrir et qui surveille ce que je mange. |
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Par qui se faire aider ?
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Somaticien ou psy ?
— Un médecin généraliste, un médecin nutritionniste ou un diététicien qui ne considèrent l'obésité que sous son aspect diététique envisagent le problème dans une optique à court terme. Ils ne permettront, dans le meilleur des cas, que des résultats à court terme.
— Un psychologue ou un psychiatre qui ne considèrent que la dimension psychologique n'apportent eux aussi qu'une aide partielle. Les personnes en difficulté avec leur poids et leur alimentation ont souvent besoin d'une aide psychologique, mais celle-ci ne suffit pas à ce que le comportement alimentaire se modifie.
— Un thérapeute qui envisage le problème à la fois dans ses dimensions alimentaires et psychologiques, ou bien deux thérapeutes travaillant en coordination seront souvent plus efficaces.
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